Bonjour,
je suis en train de vivre en ce moment une situation intéressante.
L'opportunité m'est offerte de changer d'orientation professionnelle, dans le même Groupe, mais au sein d'une marque différente. Ce poste est un poste très exposé, il est valorisant, emblématique et confère un statut. Bien entendu, tu peux imaginer combien un candidat potentiel venant de l'extérieur (même si cet "extérieur" fait partie du Groupe) peut être accueilli dans ce schéma transitionnel. En d'autres termes, ma candidature pose un sacré problème. En fait, tout ceci m'a renvoyé au processus de deuil.
Les transitions difficiles sont souvent à l'origine des transformations radicales !
L'objectif poursuivi par la Direction Générale de cette marque est de passer d'un état stable, à un autre état stable, mais différent. Ceci, comme dans toutes les transitions, ne peut se faire que par le biais d'un "sas", un espace de déstructuration du connu, puis de recomposition des différents éléments qui vont former le nouveau connu. Et ceci n'est rien d'autre que le processs de deuil.
Ce processus est composé de plusieurs étapes, et c'est le cheminement au travers de ces étapes qui va permettre de "digérer" le changement, et préparer les équipes à vivre un nouveau projet. Ces étapes sont les suivantes :
- Le refus, la négation : Cette phase s'exprime par de la colère vis à vis de l'environnement qui impose ce changement (parfois sans l'avoir suffisamment communiqué). Cela peut aller jusqu'à l'expression de la violence.
- La tristesse : Il s'agit de la période mélancolique, celle des souvenirs et des regrets d'un passé qui était tellement agréable
- La peur : C'est la peur de l'inconnu, de l'incertitude. Le sentiment d'angoisse est alors très fort, et ce sentiment est accompagné d'une période de repli sur soi.
- La recherche de solutions : Ou la négociation de moyens pour donner un peu plus de visibilité quant au présent immédiat, ou à l'avenir proche.
- L'acceptation du changement : La phase où l'on commence à penser à la reconstruction, à voir la lumière au bout du tunnel, à sentir l'imminence du nouveau projet, porteur de sens et d'espoir.
Ce modèle est un modèle prévisible, et applicable à chaque phase de la transition. Il définit assez bien les enjeux qui accompagnent cette transition, et les difficultés pour les personnes concernées par cette période. Qu'ils soient managers ou équipiers. Un bon manager doit être au clair avec tout ceci et adapter sa relation aux équipes en fonction de la phase dans laquelle celles-ci se trouvent. C'est dans la bonne gestion de toutes les étapes de ce processus que se trouve le germe de la réussite.
Pour revenir à ce qui me concerne, je stigmatise en ce moment la colère de nombre des membres de l'équipe, qui expriment leur désapprobation à mon arrivée en tant que nouveau manager. Je pourrais m'en inquiéter, mais c'est le signe que le collectif est entré dans le processus de deuil, et qu'il réagit avec violence.
Je dois accepter cette situation et la comprendre.
"je dois accepter cette situation et la comprendre": me permets-tu une suggestion? Il me semble que l'essentiel est de comprendre ce qu'elle te renvoie de toi-même. En acceptant que l'autre, les autres, toute situation est un miroir pour moi, que l'extérieur est à l'image de l'intérieur, alors en bougeant moi-même, je permets à la situation de se transformer.
Je crois que le premier deuil à faire est celui de l'extériorité...
:-) ;-)
bonne chance! et bravo!
Rédigé par : Isabelle | 19 mars 2006 à 10:35
Bravo Jean-Yves ! Je vois que les choses prennent tournure !
Avec ta permission voici une autre reflexion :
Tu parles de transition pour l'équipe et du processus de deuil qui s'amorce pour elle. A ton avis n'y a-t-il qu'elle qui soit en transition ? Ne vois-tu pas quelqu'un d'autre ?
Est-il farfelu d'imaginer que toi aussi tu aies ton propre deuil à faire (ou à poursuivre) par rapport à ta situation antérieure ?
biz
Pascale
Rédigé par : Pascale Samb | 19 mars 2006 à 16:06